Mademoiselle mon cœur – Georges Bataille

Mademoiselle mon cœur

Mise à nue dans la dentelle

La bouche parfumée

Le pipi coule de ses jambes

L’odeur maquillée de la fente

Est laissée au vent du ciel

Un nuage

Dans la tête

Se réfléchit à l’envers

Une merveilleuse étoile

Tombe

Cœur criant comme la bouche

Le cœur manque

Un lis est brûlant

Le soleil ouvre la gorge.

Je mets mon vit contre ta joue

Le bout frôle ton oreille

Lèche mes bourses lentement

Ta langue est douce comme l’eau

Ta langue est crue comme une bouchère

Elle est rouge comme un gigot

Sa pointe est un coucou criant

Mon vit sanglote de salive

Ton derrière est ma déesse

Il s’ouvre comme ta bouche

Je l’adore comme le ciel

Je le vénère comme un feu

Je bois dans ta déchirure

J’étale tes jambes nues

Je les ouvre comme un livre

Où je lis ce qui me tue.

Gonflée comme ma pine ma langue

Dans ta gorge d’amour rose

Ma vulve est ma boucherie

Le sang rouge lavé de foutre

Le foutre nage dans le sang

Dans mes bras mauves le parfum de pomme

Le panthéon de la bitte majestueuse

Un cul de chienne ouvert

À la sainteté de la rue

L’amour chevelu de ma jambe

Un panthéon de foutre.

Georges Bataille.

Post-confinement

Trois petits coups martelés à la porte , puis un grattement léger . C’était lui , la façon de s’annoncer . Apres de longues semaines de séparation par ces temps de confinement , ils allaient enfin se retrouver . Elle se dirige lentement vers le hall d’entrée cherchant à canaliser l’excitation, l’envie, le désir qui la submergent.  Se voir, se sentir, se toucher, se gouter et se redécouvrir . Enfin!

Ce moment accroché au temps du manque, de ce vide de l’absence, de ce trop-plein de l’attente qui vous bouffe, vous fait douter de tout et de vous-même.

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Peinture corporelle

Nous sommes allongés nus, peau contre peau . Comme à mon habitude, une de mes jambes crochetant ta cuisse , mon bassin emboîté au tien et moi qui me balance ainsi dans le premier réveil d’un nouveau matin . Les rayons timides du soleil passent à travers les persiennes dessinant des zébrures sur les murs et la douce lumière nous pare de tatouages éphémères, pelage animal tacheté couvrant nos 2 enveloppes charnelles , dessinant une toison impalpable sur nos intimités épilées. T’extrayant de l’étreinte de Morphée , une de tes mains se posent négligemment sur moi . Cette caresse furtive au contact si léger, douceur volontaire contrôlée m’effleure comme un pinceau. De cette main experte, tu traces alors sur la toile de ton amante les traits  et l’ébauche d’un nouveau tableau . Tu promènes tes pulpes le long de ma poitrine , y dessines le pourtour de ces 2 globes bombés vers toi, y colores les aréoles d’une touche couleur café. La balade continue, suave main d’un peintre magicien dévoilant sur la toile mes hanches, mes fesses , mes cuisses.

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