L’inconnue du parking

Tambourinant d’une main contre la paroi de la cage d’ascenseur qu’il attendait impatient, il s’en voulait d’avoir oublié son téléphone dans la voiture . Redescendre au parking souterrain , le récupérer et se hâter de remonter à la surface .Il n’aimait pas se présenter en retard à ses rendez-vous et en homme tres organisé, détestait tous les petits aléas  de la vie … Enfin , les portes s’entrouvrirent. Il s’engouffra  et stoppa net dans son élan  pour frapper  avec insistance sur la touche « niveau  » du dernier sous-sol. Comme paralysé, il se tenait  face au miroir tapissant le fond  de la cabine d’ascenseur . Le reflet renvoyé lui montrait le visage à l’expression interloque de ce bel  homme rasé de près, fort bien apprêté. Submergé par son sens olfactif titillé par l’étrange parfum qui y régnait, un flot de pensées, d’images mentales plus érotiques les unes que les autres l’assaillait. Aucun doute, il bandait… Que lui arrivait-il pour en être si troublé?

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Raies de désir en lumière

Elle avait entrecroisée les persiennes en ce début d’apres midi d’été. Le soleil dardant ses rayons entre les clayettes zébrait les murs du salon. Il était là, nonchalamment installé sur le canapé. Il l’attendait, la guettait, l’espérait. Elle entra dans toute sa féminité voilée dévoilée. Il appréciait la déshabiller du regard . Elle sentait la fièvre monter sur la lente vitesse de ses yeux . D’abord les bottines à lacets , les bas couture dont il aimait suivre ces lignes cheminant sur les mollets, les cuisses . Une brise légère faisait danser les pans de la grade chemise d’homme blanche qu’elle portait ouverte sur sa petite robe noire. Que cachait t-elle en dessous? Guêpière, corselet, porte jarretelles, tanga, slip brésilien ou ..?

S’approchant de lui,  de sa démarche féline  minaudant de son corps , ronronnant de ses hanches chaloupantes, elle se penche vers lui . Elle lui offre  en même temps que la vue de son élégant soutien-gorge de dentelles, fin gainage  des rondeurs de ses seins un baiser ébauché sur ses lèvres .Faisant virevolter sa robe corolle , elle se retourne. Telle une liane gracile , elle esquisse quelques pas de danse le frôlant de son corps qui se meut comme une plume tournoyant dans la brise et cherche à se poser, hésite, redécolle, tourbillonne . Elle lui offre son dos, ses hanches, sa croupe ,  frôlant en s’imbriquant sur le corps de son amant assis,  de ses  cuisses , de ses fesses bombées, dos cambré esquissant de longs mouvements le long de son bas-ventre  comme elle le caresserait ainsi de son cœur, de son âme sans qu’il ne puisse s’en saisir. . Langoureusement, elle lui fait fasse et avant de s’agenouiller, dépose de doux baisers sur la nuque, sous l’oreille , glissant dans son cou tout en l’aidant à se déboutonner. D’une voix emplie  d’une douce sauvagerie contrôlée lui dit:    » Prendre le temps d’éveiller tous vos sens , de sentir votre regard, vos mains et tout votre être me déshabiller , me couvrir de caresses , m’embarquer dans la fièvre où indécence et lubricité ne deviennent qu’expression des envies qui se réalisent. »

Noyant son regard dans la profondeur des yeux de son aimé, elle parcourt son torse, ses flancs et l’aide à se libérer de la ceinture , abaisse les pans du pantalon . Comme elle aime laisser trainer ses lèvres sur toute la bordure du soyeux boxer , sentir à leur contact les prémices du désir grandissant , la virilité qui sursaute et commence à vouloir jaillir plus érigé, plus dur, plus gonflé vers cet objet de désir .Dégageant le sexe du fourreau de tissu , elle en baise l’extrémité , le frictionne avec tendresse de ses lèvres entrouvertes, y passe la pointe de la langue . Elle se sent saisie alors par la nuque et doit se redresser .  » Je te repousse un peu, volontairement et égoïstement , je veux te regarder, faire durer le plaisir, car excité comme je le suis, je pourrais venir tres tres vite, sur ton visage , ta bouche si sensuelle, si gourmande. »
S’éloignant de son membre dressé, c’est le Lui tout entier qu’elle dévore des yeux.  » quand je perçois ainsi ton excitation galopante, je ne peux résister à y répondre avec ferveur de tout mon corps, toute mon âme . J’attends le geste m’encourageant à poursuivre ou restée ainsi , agenouillée à tes pieds, lèvres mordillées, sexe humide et palpitant. » répond-elle. » Toi seul sait me faire vibrer de tes mots, tes caresses, tes baisers, de ton souffle, de ton grain de peau, de l’intensité de ton désir exprimé . »

Oh oui, elle aime s’offrir à sa peau, sa fragrance, sa saveur, sentir toute l’impatience d’un corps à cœur, corps à âme, cœurs et corps en accords encore et encore.
Il l’enlace et l’attire à lui . Leurs bouches se cherchent , les cuisses s’entrouvrent et se referment emprisonnant celles de l’autre. Les sexes se trouvent, s’effleurent, s’accueillent , fusionnent tout en douceur , mouvement régulier pour laisser monter la vague. Les corps se tendent. Les sensations montent. Souffle coupé, un long temps d’apnée et sentir cet instant où la caresse est sur le Sexe , corps de femme tout entier, sexe cerveau , irradiation et explosion tres brève, mais intense étonnement quasi silencieuse, juste un petit gémissement animal s’échappant , gorge serrée, tétanisée. Il la rejoint dans la jouissance porté par le flux et le reflux des derniers soubresauts. Un long frisson de tout le corps les parcoure et cette sensation les embarque dans la petite mort si loin de ce salon dans la demi-pénombre.

Les voilà corps mêlés sur cette plage immaculée … la détente sublime, l’extase, ce morceau d’infini éphémère .

Peau aime

Emprisonnée dans la cage des rêves, je m’évade en pensées vers toi, vers ta peau, ton parfum envoutant, cette douceur satin et soie qui appelle irrésistiblement mes lèvres, ma bouche pour la couvrir de baisers.

Mille papillons se posent sur ta nuque, virevoltent  le long de ta colonne vertébrale pour se nicher dans les replis secrets , les dédales du labyrinthe de ton cœur .

Tes dents, perles nacrées, je les imagine mordillant à loisir, à plaisir, les lèvres de ton aimée. Tu fais apparaitre une minuscule goutte de sang  qui ruisselle lentement dans le cou pour finir mélangée aux virgules de sueur, ponctuation née des caresses  tant désirées.

 Réchauffons-nous à la chaleur de nos âmes, qui se lient et s’entrecroisent en une dentelle aux fils inextricables de nos envies, de nos désirs, de nos plaisirs de nos appétits et de cette soif éternelle d’infini aux confins des profondeurs abyssales.

Toi , le maitre de la lumière, tu fais fuir les nuages sombres des craintes  , de l’absence, de l’attente des corps inassouvis. Ton rayonnement et ta chaleur éloignent  le brouillard des doutes et des peines , réchauffant l’âme, déchargeant le fardeau d’un cœur lourd.

 Chaque seconde égrène  sur la pendule de notre amour, balancier, équilibre, battement incessant du cœur , rythmant à l’unisson, en harmonie, en chant, en murmures , en soupirs, en onde propageant notre énergie vitale , dans le cosmos , en pluie, poussière d’étoile, graine d’espoir et de bonheur.

Tes gestes, ta douceur, ta tendresse, ta bonté, ton regard bienveillant, réconfortant, apaisant , sur la nudité vraie de nos sentiments, sont autant de cadeaux du monde immatériel , magnétique, mystérieux : l’amour que nous nous donnons , que nous recevons . La clé coulisse alors dans le cadenas du cœur, de l’âme. La grille de la cage des songes s’ouvre . Les yeux encore mi-clos, je cueille dans ton souffle l’arôme de ton amour.

Nous nous libérons , en pensées réunies des limbes de la nuit, des torpeurs nocturnes, des évasions somnambules et célébrons le premier rayon de soleil qui pointe.  L’humidité de la nuit couvre encore nos corps se métamorphosant en rosée délicate et parfumée. Effluve de nos corps enlacés, elle ruisselle goutte à goutte. D’une langue taquine , je lèche goulument le sel de ta peau, de ta vie, le miel de ton cœur et ce nectar divin apaisant porte un nom : Amour.

Mademoiselle mon cœur – Georges Bataille

Mademoiselle mon cœur

Mise à nue dans la dentelle

La bouche parfumée

Le pipi coule de ses jambes

L’odeur maquillée de la fente

Est laissée au vent du ciel

Un nuage

Dans la tête

Se réfléchit à l’envers

Une merveilleuse étoile

Tombe

Cœur criant comme la bouche

Le cœur manque

Un lis est brûlant

Le soleil ouvre la gorge.

Je mets mon vit contre ta joue

Le bout frôle ton oreille

Lèche mes bourses lentement

Ta langue est douce comme l’eau

Ta langue est crue comme une bouchère

Elle est rouge comme un gigot

Sa pointe est un coucou criant

Mon vit sanglote de salive

Ton derrière est ma déesse

Il s’ouvre comme ta bouche

Je l’adore comme le ciel

Je le vénère comme un feu

Je bois dans ta déchirure

J’étale tes jambes nues

Je les ouvre comme un livre

Où je lis ce qui me tue.

Gonflée comme ma pine ma langue

Dans ta gorge d’amour rose

Ma vulve est ma boucherie

Le sang rouge lavé de foutre

Le foutre nage dans le sang

Dans mes bras mauves le parfum de pomme

Le panthéon de la bitte majestueuse

Un cul de chienne ouvert

À la sainteté de la rue

L’amour chevelu de ma jambe

Un panthéon de foutre.

Georges Bataille.

Encre intime- Shinmitsuna inku

Il avait du mal à contenir son désir tant l’excitation de tous ses sens l’assaillait à chaque petit gémissement émis par sa victime. Elle, allongée à plat ventre , corps nu, corps offert au regard et aux mains expertes, ne pouvait réprimer des petits cris sous les morsures , les multitudes de piqures qu’il s’appliquait à lui prodiguer. De la nuque à la naissance des fesses , elle n’était plus qu’un parchemin tendu, une estampe vibrante, irezumi contant sans mystère les turpitudes lubriques de sa vie. Le martèlement répétitif du tebori la faisait hoqueter déclenchant une fine pellicule de sueur que son tatoueur asséchait d’une caresse habile. Tel une monstrueuse guêpe , il instillait sous sa peau le nara noir, encre aux pigments bleu-vert imprégnant les dards aiguilles planté dans un bambou. Il percevait le rythme syncopal des battements de cœur de sa cliente à travers les veines , rivières bleutées courant entre les monts et vallées de porcelaine qu’il enluminait.

Dragon, serpents, fleurs de cerisier prenaient forme suivant le flot des confidences, des récits qu’elle lui narrait.

Parfois la douleur était telle qu’elle ne pouvait refréner les soubresauts, les mains agrippées au bord du tatami. Prendre la fuite ou accepter cette souffrance jusqu’à ce que le corps réagisse ? Tenir et résister jusqu’à cette décharge salvatrice d’endomorphine que libère le cerveau .Franchissant ce point de non-retour, elle s » sent défaillir . L’impression de quitter son corps et de plonger dans une autre dimension . Accrochée au plafond, vue plongeante sur son enveloppe charnelle restée au sol . La douleur n’existe plus et ce sont des dizaines de tentacules ondulant le long de ses jambes, s’immisçant dans son entre- cuisse  qui furètent, explorent son corps . Succion , ventouse et cette trace gluante badigeonnant maintenant ses fesses . Elle se sent happée par des mains voraces qui la retournent, lui malaxant avec force les seins , la tirant par ses tétons l’obligeant à s’assoir , jambes écartelées.  La douce violence de ces gestes comme le tsuki-bori, sensation des pulpes de doigts au travers des gants de latex , la fouille, s’insinue, dessinant l’âpre envie qui s’éveille et saisit le tatoueur.

Ele se voit mise debout sans qu’elle ne s’en défende et subitement se sent ceinturée, enroulée, emmitouflée dans un film plastique . La voilà recouverte telle une momie d’une enveloppe transparente enserrant ses bras et ses jambes . Que va t(il lui advenir? L’homme brandit alors un fin coutelas et  cette lame qui brille pourfend l’espace , manié comme un katana . D’une précision diabolique , il échancre cette tenue Zentai . Une entaille verticale de son mont de Venus jusqu’à l’anus , 3 minuscules horizontales: chaque globe laiteux de ses seins et sa petite bouche pulpeuses sont ainsi libérés du carcan. . L’homme d(un geste appuyé sur ses frêles épaules la fait ployer et s’agenouiller . Son armure de plastique se tord , se plie , se conforme aux positions qu’il fait prendre à sa poupée de chair .

Il en joue à loisir  offrant son sexe , son chibre érigé, gonflé, tendu vers les lèvres libérées entre les bandelettes qui l’enserrent. Toujours hors de ce corps indécemment couvert, elle assiste en « voyeuse » à la scène qui se déroule. Tandis qu’elle s’applique à le décalotter entre ses lèvres pincées tout en délicatesse , elle se sent basculée sur le dos . D’un savant pivotement le voilà à 4 pattes sur elle . Accompagnant de ses mains, de sa bouche , redevenu Maitre artiste , il joue de sa chatte décapuchonnant la perle de son clitoris, humidifiant son petit œillet  . Coups de langues appliquées ou pianotement  des doigts , en chef d’orchestre, il lui insuffle le rythme à suivre . Elle gémit, elle parle à ce vigoureux membre qu’elle lèche, déguste, suce, pompe . Elle se contorsionne, tangue, chaloupe de la croupe, des hanches gagnée par la frénésie des vagues grondantes de plaisir qui la saisissent . Le tatoueur, embarqué dans cette Energie sexuelle, encouragée par le souffle rapide, les petits cris déchire l’échancrure et libère les jolies fesses charnues de sa poupée sensuelle , magnifique suceuse . Il malaxe, il caresse, il pince et abat sa main. Claque sèche faisant rougir son cul, il efface la trace en la baisant , la caressant , l’amadoue avant de renouveler par surprise un claquement, des caresses, un claquement, des tendresses, un claquement sur les fesses . Il l’attrape par les hanches et la guide à lever un peu plus sa tête, à le gober plus profond, plus intense. Aux aguets, il l’amène vers un second orgasme et là n’en pouvant plus , dans un râle inonde son chef d’œuvre de son jet d’encre intime opalescent . Tatouage éphémère comme sa signature personnelle ogazumu, tanoshimi  , jouissance, jouissance.

Sexes Joyaux

Nos sexes sont des joyaux . Nous aimons les polir, les lustrer , les adoucir en les épilant de près . N’y laissant plus aucun poil, faisant disparaitre la toison c’est auprès de ta barbe que je retrouve ce frôlement , ce crissement  quand tu frottes tes lèvres aux miennes oui celles du bas et que ton menton caresse mon pubis .  Cette sonorité feutrée, clapotis mouillé d’une chatte quand on la caresse , quand on y glisse un doigt et qu’on l’agite, bruit de la queue qui y coulisse toute trempée, excitée . Résonnance de succion , musique corporelle et musique sexuelle ponctuée de soupirs , de silence tendu quand  en apnée , de souffles courts et rapides , de sons saccadés avant que de gémir, d’onomatopées ou de cris , de mots distincts doux et crus  tendres et sauvages exprimés par des voix pénétrables . Bouches pleines , langues occupées à tournoyer , à laper , il n’y a plus que le langage des corps , des bouches à sexe, des sexes à perdre haleine , haleter et jouir enfin.
La peau chante quand on la caresse et qu’elle se couvre de sueur en fines gouttelettes , qu’elle ondule dans une vibration, qu’elle se tord , qu’elle gémit et jouit. Orgasme , derniers spasmes . Nos sexes sont des joyaux , nos corps sont les écrins, nos cœurs des coffres-forts. A nous d’éviter d’en perdre les clefs.