La nuit où j’ai été Phallus

Apollonia Sainclair

A toi, mon homme lesbien , mon ami de sexe et d’affect, à toi qui me fait connaitre la joie et les doutes, l’aigre-doux d’une relation non exclusive, ouverte , ni couple non cohabitant, ni partenaires, à toi qui me fait vaciller entre amour , amitié. A toi et nos jeux érotiques, nos actions-vérités , je vais te conter un de mes rêves : étrange et pénétrant, j’étais un phallus.

Comme ayant quitté ma propre enveloppe charnelle , me voilà glissée dans ton corps. Là nichée juste à ton entrejambe , je prends forme . Je suis sexe et tu deviens moi féminine . Dans cet onirique métamorphose , moi , le service trois pièces réagit à la nudité de ton sommeil . Je te frôle et te désire . Je m’éveille et me hisse, Je goutte, je perle .

Quand je m’insinue dans la fente de ton fruit juteux, douceur d’y glisser et d’y faire ma place. Ton fourreau , trousse, gousse humide, élastique, qui se serre, se contracte, se dilate, qui m’absorbe, me gobe , m’entoure, me comprime, me tète. Je grossis, me distends, m’allonge, me gonfle encore. Je visite, je farfouille, j’explore, je triture.

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Festin de chatte

 Ils s’étaient attendus , désirés depuis tant de temps . Ils s’étaient espérés chauds comme la braise sans limite, sans tabou, Ils se « voulaient » l’un à l’autre, l’un dans l’autre , l’un pour l’autre dans la plus pure lubricité charnelle au-delà de tous leurs fantasmes. Elle chatte mutine, lui grand carnassier allaient enfin se retrouver.

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Oui, oui le père Noël est bien passé

Quand on teste le tirage d’une cheminée , on surprend parfois le père Noël dans une drôle de posture .Il n’était pas dans ses petits souliers en pensant à la botte, à sa  » hot » .Il fut bien marron à vouloir farcir la dinde . « Oh chouette , un dessert flambé à la place de la bûche  » se dit cette donzelle , ayant l’eau à la bouche.  » Elle se remémora la photo traditionnelle annuelle où on lui promettait : le petit oiseau va sortir ! Je ne suis point oie blanche. Viens mon petit canard, mon sucre d’orge  que je te déguste en papillote! Si tu es sage , tu goûteras à ma griotte, mon berlingot ou ma praline ! « 

Y a belle lurette que Lo(u)ve ne croit plus au père Noël, aux contes de fées .Elle vous dévoilera bientôt peut-être ce qu’elle a trouvé dans sa cheminée !

Comptine du loup contre la fuite du Temps

Tu me dis :  » Je vais disparaitre.  » Cette menace retentit comme un coup de gong, un uppercut en plein visage, comme une avalanche mortelle , un tsunami emportant tout sur son passage.

Je me noie alors dans un verre d’où les souvenirs émergent. Tel un iceberg sous l’effet du réchauffement climatique, je fonds en pluie des yeux, en brumes éthyliques, assaillie par les images mentales imprégnées de toi, récurrentes, obsédantes. Mon corps, lui aussi , se rappelle chaque caresse, chaque étreinte, chaque désir exprimé, dessiné, gravé maintenant dans la pierre du cœur et de l’âme. Rappelle-toi aussi de cette dernière rencontre chair à chair, volupté à désir, jouissance à plaisir, réalité à fantasme et plus encore !

Je me perds à t’aimer au-delà de l’art du sensuel éprouvé, du sexuel irraisonné, d’une initiation renouvelée de sexe tendre, de tendresse crue. Tu  aimes tes  » femmes », tes  » chéries », tes douces , tes ….et me gagnes à les aimer aussi et à me perdre. Accroche- toi à moi, je te serre fort et je t’enlace de mes cuisses quand tu te sens attaché ailleurs. Je ronge de mes crocs le nœud gordien qui t’enchaîne à tes incertitudes, tes maladresses, tes doutes, à ce « vouloir faire le bien à tout prix ». En dénouant l’inextricable, je glisse et perds le fil. La lame du rasoir sectionne net une virtualité éthérée et ta douce réalité naît d’une parole malheureuse, d’une magie tronquée, trompeuse censurée , sans sûreté. Autant d’estafilades que nos désirs frustrés, que nos plaisirs retenus, que nos rendez-vous ratés et pourtant …..

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Coït prémédité, sot, licite action !

C’était sauvage et brutal tout comme son approche. Il s’était collé à elle à peine  entré dans la pièce, sans un mot, sans un bonjour. Avant qu’elle n’esquisse une seul mot , il lui fourra sa langue dans la bouche jusqu’au fond de la gorge , lui bavant sur le visage. Traduction non verbale de  son désir bestial de la prendre, de la posséder . Aucune place à de beaux discours, aux délicieuses caresses , aux savants jeux érotiques en préliminaire.

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Oh putain, la salope. oui mais « éthique »!

Mon roudoudou, ma puce, mon loup,  ma chérie, mon bébé, ma perle, mon trésor et tous ces petits mots doux et tendres sont des éléments du langage affectif. Cette  pulsion de nommer l’être aimé  par l’appropriation d’un terme , d’une métaphore in appropria . Réducteur et  possessif, ce surnom  n’est pas toujours apprécié  . On y trouve du cocasse, du léger, de l’amusant définissant un sentiment, une caractéristique, on y frise parfois l’anecdotique, le ridicule . Dans un tout autre contexte que la louve aimerait explorer « mon ptit loup » s’adresse à « sa chérie » autrement et cela donne  » ma chienne », « ma salope ». A cette locution , louve retrousse les babines . Quels différents sens donnent les humains à ce mot cru, grossier, injurieux ? Comment une femme peut -elle passer d’un état de madone quasi statufiée à celui d’une malpropre, débauchée à la vie dépravée?? L’enquête est ouverte et louve va renifler sur la piste psychosociale et plus de cette « salope » là.

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Pénétration en infraction, vive la circlusion

 Baise moi maintenant ! Je veux bruler de l’intérieur. Et puis non , laisse-moi m’enfiler sur toi, t’enserrer , te couvrir ta bouche de mes 4 lèvres du bas , m’y frotter sans que tu ne me pénètres . J’entrouvrirai  cette humide grotte et t’y laisserai en gouter la douceur, la moite chaleur, la source ruisselant des parois à mon rythme, à mes envies . Poursuivre cette circlusion en glissant sur ton buste.

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Oxymore d’amour et de sexe

 » Il y a toutes sortes d’amours et, à l’intérieur de chacun d’entre eux, une infinité de degrés et de paliers qui s’appellent affection, adoration, attachement, inclination, tendresse  et le reste … » Jean Simard essayiste, romancier, dramaturge québécois

L’amour rend aveugle et la privation de la vue par un bandeau  en donne tout son sens dans nos jeux érotiques. Déchaîne en moi la douce fureur  de te toucher , la passion dévorante de te goûter, la subtile frénésie de te sentir te mouvoir et t’émouvoir, d’envier de nos fantasmes toutes ces libertés .

Détache moi de ce lien étouffant qu’est la dévotion en allumant les flammes de la débauche et de la luxure. Faisons alliance dans nos harmonieuses indécences et le seul anneau que je te passerai au doigt sera celui de mes muqueuses intimes et serrées .

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