Lettre à celui à qui je dis peu souvent : »Je t’aime »

Combien de fois t’ai-je murmuré, chuchoté ou crié  » Je t’aime »?

 Il y a celui qu’on ose prononcer apres avoir  joué avec les  » je t’aime bien », les  » je ne t’aime pas heing » ponctués d’éclat de rire où la joie de l’instant partagé, de l’émotion en illuminent les regards .

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Comptine du loup contre la fuite du Temps

Tu me dis :  » Je vais disparaitre.  » Cette menace retentit comme un coup de gong, un uppercut en plein visage, comme une avalanche mortelle , un tsunami emportant tout sur son passage.

Je me noie alors dans un verre d’où les souvenirs émergent. Tel un iceberg sous l’effet du réchauffement climatique, je fonds en pluie des yeux, en brumes éthyliques, assaillie par les images mentales imprégnées de toi, récurrentes, obsédantes. Mon corps, lui aussi , se rappelle chaque caresse, chaque étreinte, chaque désir exprimé, dessiné, gravé maintenant dans la pierre du cœur et de l’âme. Rappelle-toi aussi de cette dernière rencontre chair à chair, volupté à désir, jouissance à plaisir, réalité à fantasme et plus encore !

Je me perds à t’aimer au-delà de l’art du sensuel éprouvé, du sexuel irraisonné, d’une initiation renouvelée de sexe tendre, de tendresse crue. Tu  aimes tes  » femmes », tes  » chéries », tes douces , tes ….et me gagnes à les aimer aussi et à me perdre. Accroche- toi à moi, je te serre fort et je t’enlace de mes cuisses quand tu te sens attaché ailleurs. Je ronge de mes crocs le nœud gordien qui t’enchaîne à tes incertitudes, tes maladresses, tes doutes, à ce « vouloir faire le bien à tout prix ». En dénouant l’inextricable, je glisse et perds le fil. La lame du rasoir sectionne net une virtualité éthérée et ta douce réalité naît d’une parole malheureuse, d’une magie tronquée, trompeuse censurée , sans sûreté. Autant d’estafilades que nos désirs frustrés, que nos plaisirs retenus, que nos rendez-vous ratés et pourtant …..

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Lettre à ma catastrophe naturelle

Rayn May 13, 2011

Ma tendre lubrique , ma soumise, ma reine , mon amante, mon aimante , ma douce;

Je te sais isolée dans ta bulle , dans ta citadelle interdite, emmurée volontaire dans ton silence , par mon absence , mes négligences , mes impatiences. Tu te gommes et t’effaces du tableau ; tu quittes la scène et l’acte d’une pièce théâtrale, tu ne trouves plus les rimes de « nous » ou du « je » ; tu as égaré  la règle de nos jeux amoureux . Je connais ces mises à distance et pire . J’en connais les enjeux . Comment puis -je accepter ce qui n’est pas un sacrifice à tes yeux alors que tu me prives de toi , de ta sensualité, de tes initiatives érotiques, osées , de l’expression de tes envies qui nourrissent les miennes? Comment puis-je oublier ton incandescente indécence dans nos échanges , nos joutes verbales où nos langues s’enroulent , nos corps s’aperçoivent et se dégustent  en soupirs et en râles Animals ?   Crois -tu que je puisse te délaisser , t’oublier et accepter cette défaite sans broncher ? Crois-tu qu’il me suffira de plaquer contre un mur celle qui … d’essayer au travers du romantisme, de la tendresse d’un enlacement ou de chercher à répondre à ses désirs pour assouvir tous les miens ? Puis-je me passer de ton sexe chantant, de tes rythmes, de tes souffles brûlants et incitateurs à transgresser, à dépasser les interdits? Arriverai-je à ne plus entendre la musique sexuelle, les soupirs et gémissements et ta voix qui vacille quand embarquée dans la montée du plaisir tu jouis et décuple mon plaisir ?

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Te Rappelles-tu?

T’écrire cette lettre comme on relate un récit est comme un petit caillou jeté dans une mare. Fera t-il des ricochets ou coulera t-il au fond pour s’enliser dans la vase des souvenirs? Te rappelles -tu de nos ardents instants, de ces quelques parenthèses arrachées au Maître du Temps? 

Un  lit aussi vaste qu’un navire dans l’océan d’une chambre d’hôtel, quelque part entre le Ici et Maintenant.

Passons sur les préliminaires car ce jour là comme souvent, rien de sentimental dans nos ébats.

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