L’inconnue du parking

Tambourinant d’une main contre la paroi de la cage d’ascenseur qu’il attendait impatient, il s’en voulait d’avoir oublié son téléphone dans la voiture . Redescendre au parking souterrain , le récupérer et se hâter de remonter à la surface .Il n’aimait pas se présenter en retard à ses rendez-vous et en homme tres organisé, détestait tous les petits aléas  de la vie … Enfin , les portes s’entrouvrirent. Il s’engouffra  et stoppa net dans son élan  pour frapper  avec insistance sur la touche « niveau  » du dernier sous-sol. Comme paralysé, il se tenait  face au miroir tapissant le fond  de la cabine d’ascenseur . Le reflet renvoyé lui montrait le visage à l’expression interloque de ce bel  homme rasé de près, fort bien apprêté. Submergé par son sens olfactif titillé par l’étrange parfum qui y régnait, un flot de pensées, d’images mentales plus érotiques les unes que les autres l’assaillait. Aucun doute, il bandait… Que lui arrivait-il pour en être si troublé?

Tandis que les portes se refermaient sur sa prison odorante éphémère, Il se débattait contre ses démons: maitriser la fougue , l’empressement tenace de ses pulsions. Il désirait cette femme inconnue, cette féminité incarnée dans un capiteux voile de parfum. Oh cette senteur, cette fragrance aux notes ensorcelantes, aphrodisiaques, entêtantes. Tel par un poison violent instillé dans ses narines , il se sentait irrésistiblement attiré , envouté, captivé.  Il lui fallait la trouver. Devant la ténacité de l’empreinte de cette sensuelle essence, il en conclut qu’elle s’était tenue un long moment en ce lieu . Avec un peu de chance , se trouvait -elle encore dans ce parking et pourra t’il la croiser ou ne serait-ce qu’un rêve dont il ne souhaitait point se réveiller.

Rajustant le nœud de sa cravate pour se donner une contenance, il voyait défiler à rebours les numéros des étages . Dans un léger soubresaut, la cabine se stabilisa et les portes s’ouvrirent. Il sortit avec hâte et commençait à scruter la pénombre à la recherche d’une ombre , d’une silhouette, guidé par les effluves si particuliers voletant dans l’air. Antal, musc, rose poudrée et une ponte animale dans ce bouquet floral . Serait-elle femme Fleur, aux doux pétales , épanouie ou jeune bouton pret à éclore sous ses envies? Elle pourrait être plante carnivore aux épines acérées. Pour l’instant, il la percevait plutôt irritative tant la démangeaison de tout le corps le gagnait. Parcourant au galop, toutes les allées , navigant entre les voitures , il suivait son instinct de chasseur , humant ,les naseaux dilatés,  la trace persistante de ces volutes invisibles.

Soudain, comme sortie de nulle part, elle était là entourée de ce voile d’émanations mystiques, magiques, enivrantes. Il ne voyait d’elle que ses longues jambes fuselées galbées de fins bas de resille blanche , des volants de soyeux tissus découverts par une petite jupe noire retroussée par le reste de ce buste penché dans le coffre arrière d’une berline. S’approchant d’elle il se racla la gorge manifestant ainsi sa présence pour ne point effrayer l’inconnue. Une salutation de politesse, quelques banalités échangés le sourire aux lèvres, la glace entre eux était rompue.

La belle était en panne ,cherchait de quoi la dépanner, une crevaison immobilisant son véhicule la voyait fort au dépourvu. Lui, gentleman, héros sauveur des demoiselles en détresse lui proposa son aide. Il eut vite fait se débarrassant de sa veste, cravate et chemise. Le voilà torse nu pour ne point se salir, changer la roue et tenter de repartir ensuite à son rendez-vous. Tenter, essayer car la cause  sentait lui échapper. Son unique désir, là maintenant était de faire durer cet instant . Envie irrépressible de lui prendre la main en voulant ardemment ses lèvres contre les siennes, d’en gouter la saveur, la douceur. Plus que par les formes harmonieuses de son corps, il admirait la sensualité de chacun de ses gestes, ému par certains anodins et d’autres  comme cette main qu’elle glissait  de sa nuque à son cou, balayant distraitement une mèche de cheveux .

Ces mains …Leurs corps se frôlèrent et comme dans une danse lente s’unirent en faisant connaissance. Enhardi par cette proximité charnelle, il osa… Ses mains la découvraient . Tactile exploration , le soyeux de ce triangle de peau  , les longues jambes grillagées par la resille de ses bas, cette bordure de dentelle scindant le haut des cuisses,  les froufrous de ce petit shortie si sensuel et surtout ce halo si grisant de parfum. La nudité de ce corps qui s’offrait aux premières caresses n’avait rien de provocant. Vêtue de cet écran transparent, cet écrin épicé et suave, elle en était tant désirable.

L’entrainant, dans un pas de danse sybarite, il la fit s’allonger sur le capot. Pris d’une fièvre lascive artistique  Il la redessina d’une caresse d’un  doigt, jouant de la douceur de la pulpe, créant le frisson . Il joua à en suivre le tracé et parfois lui tatouer quelques légères morsures de la pointe de l’ongle avant d’en effacer la marque par de langoureux baisers.

Tandis qu’il lui flattait délicatement la croupe, malaxant l’une de ses masses toniques et musclées, il glissa lentement  le tranchant de la main au niveau de son entrecuisse  sans être invasif. Juste effleurer  ainsi  le mont de Venus, glisser le long de la fente de sa petite chatte  sans la brusque sans s’insinuer entre les grandes lèvres mais sentir ce fruit se gorger de désir. Il percevait les grandes lèvres plus bombées , le petit clitoris commencer à se durcir à vouloir pointer entre Son autre main libre est agrippée par sa belle , glissées entre les lèvres du haut, cette bouche à la saveur framboise vanillée dont il avait bu à la source lors du premier baiser. Doigts happés, aspirés,  suçotés comme la meilleure des friandises …Tentation impossible à ne pas  succombé telle la  suggestivité sur l’habileté  labiale de cette inconnue . Plus qu’émoustillé , définitivement ensorcelé, il ne pouvait cacher son érection franche et directe traduisant l’intensité du désir, le degré d’excitation atteint.

Sa  verge tendue se frottait à son corps  sans vouloir la pénétrer , la  » prendre » . Se laisser porter par les caresses de ses mains, de ses lèvres . Elle guidait ce sexe d’homme , pinceau, le faisant coulisser dans les vallées corporelles, ne lui présentant que l’entrée de grottes humides à explorer ultérieurement. Il se laissait aller sous ce jeu adroit, les yeux fermés  pour que montent les sensations .  Etre son instrument de plaisir, accepter avec simplicité chacun de ses gestes qu’elle lui offrait. Capter avec délice les frissons, les soupirs, la respiration plus haletante tandis qu’elle ponçait, écrasait, fouettait son petit clitoris de son gland turgescent. Elle lui enserrait la base de son outil  comme pour ralentir la montée en puissance . Le sang bouillonnant lui battait dans les tempes. Il dut se contrôler lorsqu’il la senti se cabrer, rejeter sa tête en arrière et jouir dans de légers soubresauts. Trempé de sa cyprine , sa queue continuait à esquisser  par la main experte de sa belle parfumée, des arabesques sur son ventre , son buste. Quelques aller retours dans le couloir étroit  de sa jolie poitrine  l’achevèrent. Elle fit jaillir , dans un long râle resonnant dans tout le parking  , soulageant ainsi   la pression, la tension accumulée. Accompagnant les derniers spasmes  de doux attouchements de ses lèvres, elle plongea le regard dans le sien, elle souriait.

Apres un dernier long baiser, leurs corps se séparèrent . Echangeant leurs coordonnées respectives , ils se saluèrent se promettant de renouveler cette  rencontre fortuite. Aucune urgence , ne pas posséder , juste fusionner pour un instant , comme une première leçon de conduite , apprendre les réglages , le démarrage , les changements de vitesse .Les manœuvres plus particulières, le dépassement en   conduite plus sportive  ce sera pour plus tard .

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