Encre intime- Shinmitsuna inku

Il avait du mal à contenir son désir tant l’excitation de tous ses sens l’assaillait à chaque petit gémissement émis par sa victime. Elle, allongée à plat ventre , corps nu, corps offert au regard et aux mains expertes, ne pouvait réprimer des petits cris sous les morsures , les multitudes de piqures qu’il s’appliquait à lui prodiguer. De la nuque à la naissance des fesses , elle n’était plus qu’un parchemin tendu, une estampe vibrante, irezumi contant sans mystère les turpitudes lubriques de sa vie. Le martèlement répétitif du tebori la faisait hoqueter déclenchant une fine pellicule de sueur que son tatoueur asséchait d’une caresse habile. Tel une monstrueuse guêpe , il instillait sous sa peau le nara noir, encre aux pigments bleu-vert imprégnant les dards aiguilles planté dans un bambou. Il percevait le rythme syncopal des battements de cœur de sa cliente à travers les veines , rivières bleutées courant entre les monts et vallées de porcelaine qu’il enluminait.

Dragon, serpents, fleurs de cerisier prenaient forme suivant le flot des confidences, des récits qu’elle lui narrait.

Parfois la douleur était telle qu’elle ne pouvait refréner les soubresauts, les mains agrippées au bord du tatami. Prendre la fuite ou accepter cette souffrance jusqu’à ce que le corps réagisse ? Tenir et résister jusqu’à cette décharge salvatrice d’endomorphine que libère le cerveau .Franchissant ce point de non-retour, elle s » sent défaillir . L’impression de quitter son corps et de plonger dans une autre dimension . Accrochée au plafond, vue plongeante sur son enveloppe charnelle restée au sol . La douleur n’existe plus et ce sont des dizaines de tentacules ondulant le long de ses jambes, s’immisçant dans son entre- cuisse  qui furètent, explorent son corps . Succion , ventouse et cette trace gluante badigeonnant maintenant ses fesses . Elle se sent happée par des mains voraces qui la retournent, lui malaxant avec force les seins , la tirant par ses tétons l’obligeant à s’assoir , jambes écartelées.  La douce violence de ces gestes comme le tsuki-bori, sensation des pulpes de doigts au travers des gants de latex , la fouille, s’insinue, dessinant l’âpre envie qui s’éveille et saisit le tatoueur.

Ele se voit mise debout sans qu’elle ne s’en défende et subitement se sent ceinturée, enroulée, emmitouflée dans un film plastique . La voilà recouverte telle une momie d’une enveloppe transparente enserrant ses bras et ses jambes . Que va t(il lui advenir? L’homme brandit alors un fin coutelas et  cette lame qui brille pourfend l’espace , manié comme un katana . D’une précision diabolique , il échancre cette tenue Zentai . Une entaille verticale de son mont de Venus jusqu’à l’anus , 3 minuscules horizontales: chaque globe laiteux de ses seins et sa petite bouche pulpeuses sont ainsi libérés du carcan. . L’homme d(un geste appuyé sur ses frêles épaules la fait ployer et s’agenouiller . Son armure de plastique se tord , se plie , se conforme aux positions qu’il fait prendre à sa poupée de chair .

Il en joue à loisir  offrant son sexe , son chibre érigé, gonflé, tendu vers les lèvres libérées entre les bandelettes qui l’enserrent. Toujours hors de ce corps indécemment couvert, elle assiste en « voyeuse » à la scène qui se déroule. Tandis qu’elle s’applique à le décalotter entre ses lèvres pincées tout en délicatesse , elle se sent basculée sur le dos . D’un savant pivotement le voilà à 4 pattes sur elle . Accompagnant de ses mains, de sa bouche , redevenu Maitre artiste , il joue de sa chatte décapuchonnant la perle de son clitoris, humidifiant son petit œillet  . Coups de langues appliquées ou pianotement  des doigts , en chef d’orchestre, il lui insuffle le rythme à suivre . Elle gémit, elle parle à ce vigoureux membre qu’elle lèche, déguste, suce, pompe . Elle se contorsionne, tangue, chaloupe de la croupe, des hanches gagnée par la frénésie des vagues grondantes de plaisir qui la saisissent . Le tatoueur, embarqué dans cette Energie sexuelle, encouragée par le souffle rapide, les petits cris déchire l’échancrure et libère les jolies fesses charnues de sa poupée sensuelle , magnifique suceuse . Il malaxe, il caresse, il pince et abat sa main. Claque sèche faisant rougir son cul, il efface la trace en la baisant , la caressant , l’amadoue avant de renouveler par surprise un claquement, des caresses, un claquement, des tendresses, un claquement sur les fesses . Il l’attrape par les hanches et la guide à lever un peu plus sa tête, à le gober plus profond, plus intense. Aux aguets, il l’amène vers un second orgasme et là n’en pouvant plus , dans un râle inonde son chef d’œuvre de son jet d’encre intime opalescent . Tatouage éphémère comme sa signature personnelle ogazumu, tanoshimi  , jouissance, jouissance.

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