Post-confinement

Trois petits coups martelés à la porte , puis un grattement léger . C’était lui , la façon de s’annoncer . Apres de longues semaines de séparation par ces temps de confinement , ils allaient enfin se retrouver . Elle se dirige lentement vers le hall d’entrée cherchant à canaliser l’excitation, l’envie, le désir qui la submergent.  Se voir, se sentir, se toucher, se gouter et se redécouvrir . Enfin!

Ce moment accroché au temps du manque, de ce vide de l’absence, de ce trop-plein de l’attente qui vous bouffe, vous fait douter de tout et de vous-même.

Bien sûr, il y avait eu ces longues discussions téléphoniques, ces pseudo présences quotidiennes Sms, partages par écrans interposés. Les cams avaient chauffé, les corps s’étaient fait rougir, consumés à distance. Ils s’étaient inventés de nouvelles règles dans cette relation devenue particulière par cette parenthèse imposée, ce temps suspendu , cet espace devenu sidéral par la suppression de liberté. Il leur avait été vital d’exprimer cette fièvre permanente , ce sevrage forcé , cette pulsion sexuelle , pulsion de vie et d’amour qu’ils ne pouvaient assouvir.

Ils étaient passés par toutes les émotions, les sentiments, chacun vivant cette épreuve de manière différente . : l’un , plus sereinement, positivant ,jouant sur les fantasmes, les ‘interdits’ , la provocation et l’expression des envies; l’autre dans l’excès des compensations , dans un remplissage ‘artificiel’ de cette vacuité  l’amenant sur la pente dangereuse de la violence née de frustration accumulée.

Tremblante de tout son corps, elle tourne la clé dans la serrure, déverrouillant la porte pour le laisser entrer .Paradis ou enfer , où cette porte allait-elle s’entrouvrir ? Mille questions l’assaillaient . Allaient -ils sauter dans les bras l’un de l’autre et se jeter immédiatement dans un corps à corps échevelé ou allaient-ils se rapprivoiser en douceur, en lenteur ?

Pour pallier à cette coupure de relation physique, ils entretenaient leur flamme au travers de jeux érotiques, de missions à accomplir, de gages et de punitions où ils aimaient à se vouvoyer . Le dernier était l’envoi de 6 tenues sexies , complémentaires à l’une qu’elle avait porté lors de leur dernier rendez-vous .Le challenge était lancé : 7 jours à le subjuguer en portant successivement chaque pièce de lingerie et la lui faire partager par quelque moyen que ce soit . Ce qui devait n’être que joyeux, léger entre eux se teintait parfois de pointe de stress, de coup de blues . Il lui avait écrit :

« Là présentement, je ne suis  pas du tout dans un mood « joyeux » car dans l’envie de voir la tenue J2 pas seulement en photo, mais en cam unilatérale… Jouer le dominant, me branler en vous regardant vous caresser avec le « marteau pilon », ce jouet que vous avez baptisé ainsi. Laisser mes volets ouverts au cas où un voyeur regarde à travers la fenêtre teintée… profiter ainsi de vos envies exhibitionnistes… jouir sur vous et vous fesser un peu… vous badigeonner de mon sperme… sur les seins, les fesses… vous regarder dans les yeux quand vous me sucez le gland…. en mood « pas sexuel » mais mood « lubrique »…. VENEZ VOUS CONFINER CHEZ MOI !! »

Comme un film long métrage, faisons un passage  » accéléré » puis arrêt sur image . Nous retrouvons ces deux êtres là quelques instants plus tard, lui installé sur le canapé, elle debout devant lui . Lumière tamisée musique sensuelle , brûleur de parfm diffusant des fragrances enivrantes , l’ambiance est posée . C’est d’un commun accord qu’ils décident de prendre le temps, de faire durer la lente montée du désir avant les épousailles charnelles. Pour souffler sur les braises incandescentes de cette attente, elle commence une lente danse lascive.

 Rivés sur son corps  les yeux revolvers de L (appelons-le ainsi)ne peuvent cacher la pointe d’excitation offerte par la situation.E (elle)  : « envie de dévoiler progressivement  toutes mes formes, toutes ces zones de chairs  déjà imprégnées d’élixir du Désir pour vous et me frotter jusqu’à vous offrir mon  clitophallus vibrant en musique. » Et de s’exécuter prestement . Provocante, elle remonte avec grâce sa jupe, glisse un de ses doigts sous le fin triangle de son string , caresse son mont de Venus, l’introduit juste à l’entrée de son sexe et le ressort triomphal , dressé. E se penche vers lui et lui couvre les lèvres en y passant ce doigt trempé de cyprine avant de  les lécher avec application.  Juste cette caresse par la pulpe d’un doigt, par une pointe de langue , comme la distance qu’ils ont subi, juste un avant-gout de capiteuses gourmandises à venir. En ondulant , E vient se poser sur les genoux de son homme . Elle lui rappelle la consigne. Ne rien faire et se laisser faire. C’est à califourchon sur ses cuisses qu’elle se dévêt. Il la sent se tortiller, se contorsionner pesant de tout son petit poids de ‘puce’ comme il l’appelle tendrement , lui l’animal qui doit contrôler les frissons, les soupirs qu’elle déclenche en glissant de ses cuisses vers son bas ventre. 

 L n’en peut plus et rompt son silence  » Mmmmm , quelle montée en puissance, , descendez la pression  , que je ne jouisse pas tout de suite! Faites-moi tenir! » E apaise  le flot impétueux limite de déborder en faisant se retourner L sur le ventre  et le faire focaliser maintenant sur son dos noué par des tensions de stress. » Aiguisez vos sens sur le creux de vos reins! »

L : »E , sentez les spasmes sur mes fesses , je n’en peux plus! »

E lui répond » Là  où vous pouvez canaliser les sensations qui montent de votre sexe, votre entrecuisse , votre anus et fesses , comme une selle couvrant ces zones , vous pouvez en dompter la sauvagerie , dompter cette impétuosité à vous laisser submerger par l’envie de vouloir venir vite et vous en  augmenterez l’intensité. Réunissez toutes les sensations , le chaud, le brulant, les fourmillements. Visualisez les soupirs , ondes sonores devenant électriques,  magnétiques. » L s’est retourné et voit E penchée sur lui . Il sent juste le frôlement de l’air  , quelques millimètres séparent son gland de ses  lèvres à elle . De nouveaux spasmes érectiles le saisissent.

3 Difficile cette étape de contrôle de part et d’autre, dit E car nous sentons vous et moi cette force d’attraction ,l’électricité statique , l’ ENVIE , le DESIR  , le cliquetis de chatte et de queue , cherchant à dominer , à s’unir. Je laisse basculer mon torse vers l’avant, dépliant mes jambes,  me plaque contre vous apres avoir fait couler généreusement une belle quantité d’huile. Je loge votre visage entre mes seins et vous sentez tout mon corps se plaquer contre le vôtre. » E commence à se mouvoir ave lenteur , descendant sur le corps de son amant. Il sent son abricot gorgé qui lui trempe les cuisses, les genoux tandis que la pointe des seins lui griffonne le torse . Il sent sa bouche , ses lèvres effleurer son sternum, son ventre , son nombril, glisser sur son pubis. Elle les laisse posés là sans plus bouger . Encore une de ses pauses où les corps se mettent en apnée, où les muscles se tendent , où le sang bouillonne dans les tempes.

Là voilà qui bouge de nouveau, changeant de  pose et remontant pour venir  enserrer sa verge  érigée  de ses seins :  les presser , les faire tournoyer . 3 oh quel doux plaisir que de vous comprimer la queue ainsi! Me redresser un peu avant de me laisser lentement retomber , vous branler délicieusement ainsi. Regardez ma main !Je la fourre délicatement entre mes lèvres du bas , massant tit clito au passage qui manifeste sa joie, y cueille avec générosité mon jus plus onctueux, plus lubrifiant que l’huile et vous l’applique en souriant de plaisir sur le bout du gland, en suit le pourtour , plaque la paume en corolle au-dessus refermant les doigts sur tout le pourtour et le masse ainsi en y mêlant un mouvement de vissage dévissage , pression marquée en descendant , plus léger en remontant. Changeant de main , l’une continuant ce doux bricolage , l’autre se posant sur vos bourses je continue  cette danse par un mouvement opposé. Sentez une torsion ajustée tandis que j’étire désormais votre queue. Je relâche l’étau de vos boules en comprimant votre queue vers le bas  et le manège recommence vers le haut , refoulé vers le bas. J’approche mes lèvres , irrésistiblement pour frôler , pour vouloir vous manifester l’envie de l’enrober, le circuler. Je vous enserre la base de votre tige  ainsi que votre gland.. ».  » Oh oui, serrez fort E , je vous en conjure! Serrez fort! »

Haletante  et prête à squeezer fort pour éviter la décharge , le court-circuit, E change complètement d’attitude .L’approche tantrique est finie. C’est la bête lubrique emprisonnée depuis des semaines qui veut, qui désire qui crevé d’envie. Son con finement contrôlé devient ogre , fauve rugissant. E n’en peut plus et c’est crue dans ses mots, dans l’urgence qu’elle attrape la queue dressée, avec ce gland turgescent et la fourre dans sa bouche. Elle l’aspire d’un coup , le poussant au fond de sa gorge puis le ressort presque brutalement . L en est interloqué. Il la voit alors faire couler un long filet de salive avant de l’engloutir de nouveau . Tandis qu’elle le pompe avec ardeur , il saisit les bribes de mots entre 2 succions . » Fuckez moi la bouche! Défonce moi la gorge, pilonne moi! Non, pas dans la douceur ! Prenez moi en chienne. Je vous ventouse, vous absorbe, vous gobe. Je suis limite de vous mordre pour vous faire bouger  entre mes lèvres pincées, mes dents acérées. Je veux vous sentir m’étouffer de votre queue énorme , gonflée à en exploser. Je veux vos saccades, vos coups de boutoir, vos à-coups . Empalez moi la bouche. Je veux votre foutre en jets chauds, je veux vos spasmes, vos sursauts. Ma langue s’affole , elle est partout . » L n’en peut plus et dans un râle long ,puissant , sans fin Il vient . E fait rouler lentement sur sa langue sa queue , sperme et salive emplissent sa bouche . Elle ne le lâche pas , déglutie. Il se sent happé , avalé et se laisse aller dans la petite mort, tandis qu’elle le garde entre ses lèvres, léchant chaque goutte de son précieux nectar , le berçant de son balancement à l’unisson de leur souffle . Quelles retrouvailles!  » Ce que mon con  fit, ne ment » murmure E , dans un sourire avant de s’endormir.

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