Allumeuse de rêve

La nuit je me vois allumeuse de tes rêves errant sur les courbes et les creux du continent de ton corps. Je chemine sur les berges de la rivière où s’écoule la source de tes passions. J’explore , d’une langue boussole le vallon du menton guettant l’invitation de me perdre dans ta bouche à étancher ta soif d’extase.  Je suis braise et glace, tison qui danse et chante rougeoyant ;

crépitement  de tes sens aux aguets , voix et souffle, soupirs, doux gémissements au rythme de tes bras, de tes jambes ondulant dans le vent de nos éruptions solaires. Canicule gestuelles , caresses , embrasement qui aspire l’ombre du temps et qui brûle, incendiaire du cyan des nuages, paysage et passage .Je  reflète dans les flammes l’âge des femmes, aux empreintes du temps effacées à jamais . Je gobe tes rides naissantes à la fenêtre de tes yeux, comble tes paupières de salive cyprine . Je plie tes odeurs intimes en origami fantasques , m’accrochant à tes ailes, mordillant tes aisselles , m’infiltrant dans toutes tes échancrures moites , t’offrant , exhibant cette danse lascive , langoureuse ou joyeuse en transgression , tempo ondoyant , circlusant , étreignant la flèche de ton métronome haletant .

Savourer, regarder, sentir et vivre, vibrer, dévoiler nos odeurs délicates ou lubriques dans un suave clapotis miel acide, myrte aux reflets iode sucrée , enivrant  de l’essence du plaisir lorsque mon ventre calice, corolle sombre et rose nacrée délivre des tréfonds cette joie charnelle. Floraison , éclatement du bourgeon gorgé , tendu et spasmodique réclamant la mort subtile, la déferlante de cris inondant ta gorge, mon puit capitonné . Je me tords, je te pousse, je m’enfonce et tu glisses .J’aspire tes délices, tes delires, tes désirs. Je tète ton sexe cervelle  de mes seins frémissants. Seul ce baiser pourra abandonner l’agonie de l’absence, le départ imminent . Le sablier égrène d’une faille imaginaire le sable  de sueur, la rosée séminale . Douce fureur impie de ces baisers faisant mourir la nuit d’un adieu orgasmique , vaginal pénis , labial clitoris dans le feu et la glace, la tempête létale d’ un adieu sodomise Morphée.

La nuit, je me vois allumeuse de tes rêves. Le jour décroche son voile d’albâtre et c’est la fin.

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