Egarement érotique

Il faut se perdre pour se retrouver. Il faut, âmes égarées, se tremper dans ton corps, plonger dans ton sexe, se fourvoyer dans tes envies, dériver sur ton désir, reprendre pied dans ton plaisir, nous fondre l’un dans l’autre et jouir.

Me perdre en toi , ce n’est pas me damner mais offrir et me donner. C’est boire tes mots quand tu m’effleures de ta voix, qu’en caresses tu guides mes mains dans une danse charnelle. Tu y chorégraphies l’éveil de tous mes sens. Tu me chavires à fleur de peau. Tu apprivoises les paillons de mon ventre. Tu fais épanouir la rose de mon pubis, en fais rougir le bouton, mûrir l’abricot. J’aime quand tu le rends juteux à cœur en le cajolant, le goûtant d’une pointe de langue gourmande. Que c’est bon quand tu en cueilles le nectar acidulé, iodé. Lape ce miel âcre et épicé et de ta bouche avide croque le fruit défendu! Tes lèvres, tes doigts , ta langue changent mes soupirs en petits gémissements . Tu réveilles la féline . Sous tes caresses je ronronne, j’halète, j’hulule et j’hurle.

Se tremper dans ton corps. Rutiler de sueur, de salive et cyprine; l’envie de t’inonder à mon tour d’embruns d’amour, d’exacerbations sensuelles, de vagues de frissons,  de marées d’excitation.

A mon tour de m’égarer au détours de tes hanches, sur la plage de ton bas-ventre, aux digues de l’entre-cuisse. Promener mes lèvres goulues sur ton bambou dressé, en lécher les bonbons et te décalotter. Laper, sucer, lécher, gober et aspirer l’extrémité de ton épaisse tige. La faire naviguer dans le creux de mes joues, contre le toit du palais. J’explore à tâtons, à têtons le chemin veineux , turgescence, attraction magnétique vers ton chapeau si joliment ciselé. Sa vision suffit à enflammer ma convoitise. L’enrober, le circluser, le serrer entre mes lèvres bracelet. Le sentir se glisser, coulisser dans mes fourreaux étroits, moites et chauds. L’entendre s’y fourvoyer, visiter, s’enfoncer, clapoter. La langueur laisse place à de frénétiques sursauts. Du rythme endiablé  guetter les premiers spasmes avant que ne jaillisse , en jets, ton énergie vitale, coulis fruité , amer, crémeux.

Je me hisse ondulant sur tes cuisses, sur ton torse vers ta bouche rubis. Dans un baiser fougueux nous mêlons nos fluides intimes, nos saveurs sexuelles dans un ballet où nos langues se frôlent, s(‘enlacent, se prennent. Nos corps se tressent, nos cœurs se dressent, nos âmes se cherchent. Le souffle se pose nous embarquant, nous échouant vers un havre de paix, nous retrouvant dans la petite mort aux portes de l’éternité.

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