Lettre à ma catastrophe naturelle

Rayn May 13, 2011

Ma tendre lubrique , ma soumise, ma reine , mon amante, mon aimante , ma douce;

Je te sais isolée dans ta bulle , dans ta citadelle interdite, emmurée volontaire dans ton silence , par mon absence , mes négligences , mes impatiences. Tu te gommes et t’effaces du tableau ; tu quittes la scène et l’acte d’une pièce théâtrale, tu ne trouves plus les rimes de « nous » ou du « je » ; tu as égaré  la règle de nos jeux amoureux . Je connais ces mises à distance et pire . J’en connais les enjeux . Comment puis -je accepter ce qui n’est pas un sacrifice à tes yeux alors que tu me prives de toi , de ta sensualité, de tes initiatives érotiques, osées , de l’expression de tes envies qui nourrissent les miennes? Comment puis-je oublier ton incandescente indécence dans nos échanges , nos joutes verbales où nos langues s’enroulent , nos corps s’aperçoivent et se dégustent  en soupirs et en râles Animals ?   Crois -tu que je puisse te délaisser , t’oublier et accepter cette défaite sans broncher ? Crois-tu qu’il me suffira de plaquer contre un mur celle qui … d’essayer au travers du romantisme, de la tendresse d’un enlacement ou de chercher à répondre à ses désirs pour assouvir tous les miens ? Puis-je me passer de ton sexe chantant, de tes rythmes, de tes souffles brûlants et incitateurs à transgresser, à dépasser les interdits? Arriverai-je à ne plus entendre la musique sexuelle, les soupirs et gémissements et ta voix qui vacille quand embarquée dans la montée du plaisir tu jouis et décuple mon plaisir ?

 Tu es obscure sorcière. Envouté je suis et j’en oublie quand tu ne vas pas bien de te prendre juste dans mes bras, te câliner, te dire des mots tendres tellement je bande . J’en perds tout savoir-vivre, toute politesse ; j’en deviens obscène dans mes demandes muettes ou empressées , oppressantes même parfois . J’aime ta bouche, tes lèvres , ta langue quand elles se posent sur les miennes , quand elles s’emparent de ma queue , particulièrement de mon gland que tu lèches, lapes , happes et aspires avec délice . J’en oublie qu’elles sont faites pour parler et souvent je te coupe la parole pour t’étouffer  de moi , m’engouffrer en toi . J’aime tes hanches , ta taille si fine , j’aime ta chatte , ce petit abricot aux lèvres scellées et quand le fruit  gorgé s’offre ,  ce clitoris, fier petit phallus dressé qui une fois levé le capuchon, dévoile une perle  magique qui ne demande qu’à être pris en bouche et  être sanctifié . Combien j’aime , de ma langue ou de la hampe de ma queue  glisser entre tes 4 lèvres, être mouillé, lubrifié, poli, poncé, entouré, circlusé.

Tu vois, ma tentatrice, ma maitresse, mon initiatrice, ma muse , j’en oublie tout le reste . Tu m’en veux, colérique de négliger ton cerveau que tu réclames à corps à cris d’être nourri. Je t’entends répéter mes propres mots: le trop est l’ennemi du bien ! Du trop , du pas assez et du pas du tout pour toi . Trop te parler d’une réalité de ma vie dont tu te sens exclue ou pas au bon moment ; pas assez de compréhension ou de décryptage efficace  qui paraissait du coup en rupture de synchronicité, de partage. Tu as ressenti ces temps-ci nos conversations comme des monologues que je dictais et ponctuais de  » laisse-moi parler » . Je te coupais ainsi dans tes élans de spontanéité, d’impulsivité quand tu exprimais quelque chose, et que je percevais des questions-réponses ,des sous-entendus, des interprétations, des suppositions.  Je te clouais le bec par des :  tu n’as rien à dire, tu ne peux pas savoir, tu ne peux pas comprendre  car tu ne la connais pas . Et tu percevais un « ferme ta gueule ! » « tais toi » et un » va te faire foutre « . Tu me mets hors de moi par ces pugilats enfantins et stériles. D’où viennent ces ondes négatives , ces colères intérieures, ces tempêtes dévastatrices toi que je connais  pétillante, si vive d’esprit , taquine, narquoise, patiente, entourante, aimante . Douleurs , frustration , tristesse, sentiment de solitude , je te devine torturée par le manque , par l’absence, par le vide de tes bras, de ton grand lit froid. Ce désir qui nous assaille quand nous nous retrouvons nous ronge et nous dévore des que nous nous éloignons .

Toi et tes contradictions permanentes, obsédantes . Tu ébauches un pas de danse , esquive  romantique et me pousse en même temps dans le cœur d’une autre . Tu te réjouis de me savoir  heureux auprès d’elle . C’est ainsi que tu cherches à me dire tout l’amour que tu as, que tu es  et t’oublie ou t’efface . Qu’est-ce donc que ce pas en avant et deux en arrière , volte-face, demi-tour? Laisse toi aimer, nom d’une pipe et crie le , au grand jour ! Ne m’oblige pas à te transformer en celle  que je dois cacher, négliger , oublier même ! Tu ne supporterais pas cette régression de devoir devenir ma maitresse  baignée de tromperie, duperie, mensonges par omission . Je te sens, je te connais . Tu entrouvres les portes pour que règne toujours la sérénité  au travers de la paix, la sincérité, l’honnêteté, la transparence, la complicité. Qu’il est grand cet amour né de la confiance, baigné de gratitude. Il est fort  et porteur d’Energie.

  Et la nuit  ou le jour ou le petit matin quand les premières lueurs pointent le bout du nez , tes mots me reviennent et m’imprègnent. Et la nuit.. Tu es belle et me dis :  » C’est toi qui me rend belle, éclairée par la pleine lune et ton irradiation permanente. Il y a toujours une raie , un rayon transperçant et caressant en toi. Je comprends d’où vient ton magnétisme et pourquoi je suis irrémédiablement attirée vers l’aiguille de ta boussole  :  inverser nos polarités, s’attirer, se repousser , s’accoler , se décoller,  pour mieux s’emboiter.  » Tes poèmes comme tes caresses font rimer des instants volés à l’éternité et tu baignes nos étreintes de soupirs, de murmures où l’indécence se pare de mots d’amour , quand tu halètes et qu’un vocabulaire plus cru se manifeste empreint d’une grande tendresse dans des ébats les plus torrides. Tu ferais rougir le marquis de Sade, Sacher Masoch quand ton corps se fait féline puis fauve affamé . Tu es mon Anaïs Nin, sublime et monstrueuse , goulue et sauvagement raffinée quand tu t’offres à mon regard, à mon désir , à mes envies n’attendant pour seule récompense que cette complicité de nos échanges dans une entière confiance sans filtre ni limite.

Je ne me sens pas digne de toutes les qualités dont tu me vêts . Je me souviens de cette déclaration :  » Tu es mon inspiration encore et encore. Mon souffle vital c’est toi , tu es mes éruptions solaires qui bouleversent , chamboulent tous les sens. D’un signe de toi, tu fais bouillonner le sang dans mes veines , tu es vapeur de poppers que tu m’insuffles , j’en ai à chaque fois ce halo autour du crâne quand tu réveilles la tempête de désir. Tu es le fourmillement de mes lèvres, l’ascension de mon clitoris, les spasmes de mon bas-ventre. Tu es cette marée, ce tsunami de frissons qui me parcoure. Tu  es ma plus belle catastrophe naturelle ,  du tremblement de terre l’épicentre et les répliques  et du corps- volcan en lave tu fais déverser des flots de cyprine, sperme et sueur mêlés . Tu m’inondes  en vague de jouissance les pensées les plus débridées et lubriques. Tu es ma romanesque perversité, mon onirique réalité , mon émouvant excitateur d’envies plus brûlantes les unes que les autres. … »

Oh toi ma tendre lubrique , mon amante lumineuse, ma brulante passionnée , mon égérie érotique , ma sexuelle littéraire j’aimerai de tes perles en faire un long collier  et ne te voir revêtue que de celui-ci . Je te vois, je te sens les pointes de tes seins dressés par l’effleurement de la nacre , ton joli abricot recevant le balancer de ce bijou .m’agenouiller devant toi et cueillir de ma langue tes chairs, tes perles , ta perle oh oui celle dans son écrin qui me nargue, qui m’obsède. Il n’est pas plus beau joyau, il n’est pas plus grande gourmandise que de m’en saisir , de le lécher, le frotter , le faire briller tant et plus . Oh ma luxuriante, quand ton sexe alors s’épanouit , que tu en ouvres la corolle , que tes fragrances intimes s’en échappent , j’en balbutie! Il n’y a pas plus vibrante tentatrice et  de m’y noyer en entier , te montrer de mon  amour bandé ma convoitise , j’en oublie toute bonne manière et c’est dans une communion diabolique que je m’unie à toi . Tu me passes tes anneaux , tes bagues orifices en me les glissant ainsi autour de mes lèvres, ma langue , ma queue raide et tendue à l’extrême. Tu me fais plonger dans tes abyssales moiteurs , tes muqueuse m’engloutissent et m’enserrent . Divine descente aux enfers de ta fournaise .Oh mon dieu, ma déesse , mon ange satanique tu me fais perdre  l’équilibre et en quittant la terre dans un orgasmique envol mourir entre tes hanches , tes fesses , tes lèvres et renaitre enlacé dans le creux de tes reins collé à toi j’en veux encore . Je te veux encore et encore .

De l’abandon de la petite mort , de ces silences parfois si bruyants, de ta moue d’enfant puni, de mes départs parfois trop rapides , de tes attentes à nos retrouvailles ratées, de mes maladresses, de mon narcissisme parfois exacerbé , de tes envies non comblées, de ta soif spirituelle parfois non étanchée, de mes oublis , de ma négligence pour ton esprit m’appesantissant sur ton corps, de n’être pas à la hauteur de ce guerrier, ce seigneur, ce mentor  que tu espères , tu n’en dis mot . Je devrais percevoir que tu te refermes , que tu clos momentanément la porte de nos partages en t’esquivant sur la pointe des pieds telle une danseuse sur un rayon de lune, une funambule sur la corde du bonheur tendu entre  deux mondes . Oui , tu penses juste : tu es l’illusion de ma réalité, la réalité de mes rêves , le charnel de mes fantasmes , l’éphémère toujours du mot amour. Tu es ma  pudique sentimentale, mon exhibitionniste de la futilité transcendantale . Tu es mon mensonge vital , ma vérité calomnieuse , mon enfer paradisiaque , mon éreintant repos . Tu es une de mes libertés et moi , je t’abandonne englouti dans les bras de Morphée et ma solitaire , tu restes là à veiller sur mon âme que je confie à une autre . Que dois -je comprendre dans ton refus de nous retrouver au matin , moi beurrant tes tartines et toi dans la volupté de l’éveil de tes sens ? Je t’ai blessé, ma farouche , mon ardente , ma farouche . Tu m’attendais , tu me guettais et de ma fatigue tu en as saisi de la lassitude , taciturne tu as fermé tes ailes d’ange sur moi et tu t’es envolée .   Ma tendre lubrique , ma soumise, ma reine , mon amante, mon aimante , ma douce,  ma tentatrice, ma maîtresse, mon initiatrice, ma muse , ma brûlante passionnée , mon égérie érotique , ma sexuelle onirique …. La chaîne, le lien , la voie bénie  de ma liberté.

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