Chienne de vie, pulsion de Louve

La vie est une  » chienne » accrochée à une chaîne. Elle porte un collier étrangleur . La vie est une louve protectrice ou sauvage , exploratrice et  curieuse . Pulsions de vie, pulsions de mort , je suis ce funambule à l’équilibre précaire oscillant dans ces deux animalités . Tu es un des balanciers ou des ombrelles que je saisis pour traverser cette corde raide tendue entre les mondes et les facettes de moi-même . Me mettre à nu et devenir vulnérable , risquer de me faire domestiquer ou de la raison ne rien accepter et me laisser guidée par l’instinctif et l’impulsif , je bascule sans cesse  attirée par le vide sous mes pieds.

La pulsion de vie me porte à vouloir vibrer, à aimer de tout mon corps, mon cœur et mon âme. Elle m’emmène vers des voyages au pays de la sensualité exacerbée, aux confins de la sexualité transgressive. J’aime toute sensation que me procure cette enveloppe charnelle et affamée qui se donne, s’offre en caresses , en étreintes   au plaisir des douces morsures des ondes de plaisir . Elle embrasse, elle enlace et baise chaque particule de l’amant.e .

 J’aime , comme une désespérée quand je m’agrippe alors à toi, m’ouvrant, m’écartant , m’écartelant la bouche, le sexe . Dévergondée, je deviens indécente , lubrique, provocatrice et perverse. Pulsion qui fait disparaitre les frontières, les limites où seul le désir règne en maitre. Je coule de sueur et de cyprine en haletant, hoquetant , hululant avant que les spasmes de la jouissance ne me fasse émettre ce cri de louve , ce hurlement, cet appel en réponse à son mâle , comme un puissant râle s’échappant de nulle part . J’aime ces transports lorsque le corps s’emballe , que le souffle court ou l’apnée accompagne les muscles en chaine qui se tétanisent. Mon corps s’arque boute , pont humain entre les berges de la conscience , architecture fragile , assailli par les vagues épileptiques du plaisir.

J’aime être chienne  t’offrant le spectacle de sa croupe qui ondule, qui se dresse vers toi , qui s’offre, épanouie. Cela m’excite encore plus que de sentir ton propre désir  faire monter ton état d’excitation . Le sang bat dans les veines , ta queue, mon sexe  se gorgent , gonflent .

 J’aime ton hésitation à prendre le chemin d’un de mes orifices voulant tous les visiter, les combler, les envahir et les distendre, les remplir , les nourrir. Tu es tel un petit enfant découvrant ses cadeaux au pied du sapin , lequel ouvrir en premier . Rassure – toi ils te sont tous offerts et dédiés à notre bon plaisir .  Je suis féline et ma chatte se lèche les babines humides. Mon abricot, fente jointe se gorge. Les lèvres pulpeuses et moites s’entrouvrent alors laissant voir ce petit mât qui découvre une perle Kameleon  rutilant de cyprine. Comme ta verge, il se dresse  et palpite. Comme quand tu décalottes ton gland , décapuchonné, il réclame d’être lustré, poli, titillé, cajolé, lapé par une langue gourmande . La chienne en moi aime te laper  ainsi , te humer, téter et suçoter ou à grands coups de langue te déguster , t’enrouler , visser et dévisser, coulisser  ou frotter, enserrer , avaler.

J’aime nous sentir glisser, nous faufiler , onduler l’un sur l’autre  sans chercher la pénétration , sentir tes mains sur mes fesses  les pétrir, malaxer, les pincer et y déposer une petite claque sèche avant d’en reprendre les caresses . Elles vont , elles viennent, elles griffonnent, elles tripotent, elles triturent , elles farfouillent  sur mon ventre et mes seins, sur mon cou, sur ma chatte et mon cul. . J’aime quand tu te saisis de mes hanches , accompagnant le tangage , l’ondulation . Je deviens femme lézard, femme serpent . Je deviens ta goulue, ta dévorante , ta carnassière , je redeviens louve. Ne résiste plus alors et immisce toi en moi! Tapote à l’entré e de la grotte . Mon bassin te guide et te fait pénétrer dans un couloir étroit , sombre et trempé, élastique et chaud . Ton gland , lubrifié de nos fluides intimes s’y sent comme aspiré dans ce  fourreau , cette gangue de chair. J’en frissonne , j’en soupire . La chienne s’assagit, la louve se réveille . Elle ondule , elle caracole , elle t’accompagne dans chacune de tes poussées, de tes glissades, de tes saccades .

J’aime les bruits moites d’un sexe flaque , d’un sexe à coulisse; ça clapote, ça frémit, ça ventouse, ça éructe , ça sourie, ça jaillit.

La pulsion de mort est dévastatrice et assassine Madame Libido. Elle arrache les ailes au désir . Elle eunuque , elle bromure, elle anxiogène, elle fibulation, elle silence. Elle en fait perdre toute syntaxe, toute dialectique, toute orthographe. Elle anéantie l’énergie vitale , coupe toute envie, tout désir. Elle tue avant même que la mort ne se promène .

J’aime être louve et chienne . J’aime vibrer , aimer, baiser , aimer encore . J’aime ce « nous »: collés, noués, embrasés, embrassés, excités, extatiques, étourdis, épuisés, enlacés , endormis, en étreinte et encore en envie… et alors, éveillés, enlacés, excités et …Aimer semer , aimer  s’aimer et oser sans un « mais » s’entêtant de t’aimer, te tétant sans cesser de lécher, sans cesse , sans se presser , sans s’oppresser à penser un  » c’était » , car tu sais  que  je ne cesse de t’aimer . Baiser de louve, lèche de chienne, pulsion d’amour, raison du sexe, instinct du cœur, intuition de l’âme, chienne de vie, tu nous en fais baver et nous sortons les crocs pour la rage de vivre, de vibrer, nous rentrons nos griffes pour cette douce violence à nous noyer de fluides , d’énergies, de jouissance en la Vie. Nous ressourceons nos âmes assoiffées dans le stupre, la luxure , l’imagination , la force, l’espérance, l’amour et comme pour une lap danse , mme la Mort , attention ! Vous n’avez pas le droit de toucher !

Laisser un commentaire