Clitoris- Pierre Louÿs

Blottis sous la tiédeur des nymphes repliées

Comme un pistil de chair dans un lys douloureux

Le clitoris, corail vivant, cœur ténébreux,

 Frémit au souvenirs des bouches oubliées.

Toute la Femme vibre et se concentre en lui

C’est la source du rut sous les doigts de la vierge

C’est le pôle éternel où le désir converge

Le paradis du spasme et le Cœur de la nuit.

Ce qu’il murmure aux flancs , toutes les chairs l’entendent

A ses moindres frissons les mamelles se tendent

Et ses battements sourds mettent le corps en feu.

Ö Clitoris, rubis mystérieux qui bouges

Luisant comme un bijou sur le torse d’un dieu

Dresse-toi, noir de sang, devant les bouches rouges !

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