Peau aime

Claude Alexandre – Corps

Serine moi des « je t’aime »

Qui glissent sur ma peau

 Comme autant de pierres plates

 ricochant sur les eaux!

Les ondes que font naitre

l’écho de ces trois mots,

Comme une anathème,

Me plongent dans le chaos.

Répétés en stigmates,

Ils deviennent les maux.

Est-ce pour te rassurer

Te convaincre toi-même

D’une improbable réalité?

On n’attache pas l’âme

 D’une charnelle femme.

On ne peut  l’apprivoiser.

De tous ces « je t’aime »

En ritournelles,

Refrain des jeux de naguère,

Comme rouille posée sur le fer

Espérer que d’un battement d’aile,

Des cendres faire ressusciter

Le brasier que la peau aime

Et du passé en est gravée.

Mon corps luit,

Qu’il s’en souvienne,

De nos fluides intimes étalés.

De calice accueillant, ouvert

En offrande sans aucune chaine

Qui aurait pût t’attacher,

S’aboucher, mon sexe en haleine,

Mieux que des mots pour exprimer

Enrobe et comble ton vit.

Lorsque s’envolent dans les airs

Nos effluves d’amour épanoui,

Quand les petites morts nous surprennent

Trempés de sueur et cœurs réjouis,

A l’aube d’une nouvelle ère,

Nous offre le paradis sur terre.

Murmures, silence, soupirs ou cris,

Ces trois mots tatoués ainsi,

Energie pulsant dans nos veines,

Brulure d’amour, luxure de vie,

Ce sont autant de « je t’aime »

Traduisant tous les non-dits

En filigrane dans ce poème,

Tout mon amour,  je te dédie.

Laisser un commentaire