Baiser : tout un art

Elle approcha son visage du mien . Ses mèches rousses  hirsutes me chatouillaient les joues. D’un geste de main léger , je balayais cette petite touffe de cheveux m’effleurant le lobe de l’oreille et cette zone gâchette érogène juste en dessous. Puis je la posai sur sa nuque, la frôlant, la caressant et me surpris à y effectuer une légère pression vers l’avant . La réponse ne se fit pas attendre. Phine , plissant ses petits yeux de chat avança ses lèvres vers les miennes. Leur rencontre éveilla de suite une sensibilité corporelle au-delà de cet organe. Une vague de frissons me parcourut l’échine . Une émotion si douce, subtile, délicieuse avant même d’avoir goûté nos salives, d’enrober nos langues tactiles et tentaculaires.

Elles se frôlent, elles se frottent, elles se cherchent et nous faisons durer le plaisir avant de les entrouvrir. Elles se cajolent, elles se câlinent , elles frissonnent du désir d’ouvrir la porte à de savoureuses caresses orales. De la pointe de la langue, je titille le coin de sa bouche. Je perçois son sourire et la sens se contorsionner entre mes bras qui l’enlacent. Elle échappe à cette petite flèche échappée du carquois de Cupidon et me gobe la lèvre inférieure. Et la voilà qui me mordille, me suçote, me léchouille, me mâchouille avec application . Je deviens sa tétine, son chewing gum. Son corps s’ouvre et s’enroule autour du mien. Ma poitrine contre la sienne, je la sens palpiter, vibrer par la montée du désir de poursuivre cette investigation. Mon corps fourmille ; impression que toutes mes terminaisons nerveuse n’en forment plus qu’une gigantesque, une vraie centrale électrique.  Profitant d’un de ses soupirs , je passe avec délicatesse l’entrée de  sa cavité buccale. Lentement ma langue s’immisce, tâtonne et visite son palais parfumé, sa grotte. Elle a la saveur de framboise et les muqueuses de ses joues, de sa voûte palatine sont si tendres, soyeuses, humides, chaudes et accueillantes. Par jeu elle serre ses lèvres en anneau et s’amuse à entourer cette visiteuse, exploratrice d’un des trous, d’une des cavernes de son anatomie. Cet anneau m’entoure, m’englobe, glisse et revient gardant ma langue prisonnière volontaire. Ma geôlière est habile et c’est un éclat de rire qui nous fait dessouder pour un instant furtif. Reprendre son souffle et recommencer encore et encore à nous embrasser ainsi.   Se déguster, se boire, s’abreuver , se dévorer , se mordre et calmer le feu en se lapant et étalant  nos fluides.

Ce baiser qui n’en finit pas est une invitation à plus d’intime comme l’autorisation de poursuivre et de s’offrir nos orifices, nos rondeurs, nos seins , nos fesses, nos sexes. Son bassin se plaque contre mon pubis, ses mains glissent autour de mes reins  se nouant au niveau de la taille. Une danse langoureuse s’entame rythmée de nos baisers dans le cou, sous l’oreille, dans le creux d’une salière. Nos bouches avides se retrouvent et se baignent de nos salives . Langues exquises , frétillantes, ou long échange de souffle, lèvres contre lèvres, nous ne nous en lassons pas et ne précipitons pas les choses . Se laisser envahir par cette avalanche de sensations, par ce flot d’émotion, par cette savoureuse sensualité exacerbée. Ces baisers sont tendresses et passion, folie et raison . Qui des deux a glissé sa main sous le tee -shirt de l’autre? Qui a débuté des caresses plus pressantes, plus insistantes pourtant empreintes de tant de douceur, tant de prévenance ? Vous le saurez, lectrice, lecteur dans la suite prochaine de cette nouvelle .

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