Peinture corporelle

Nous sommes allongés nus, peau contre peau . Comme à mon habitude, une de mes jambes crochetant ta cuisse , mon bassin emboîté au tien et moi qui me balance ainsi dans le premier réveil d’un nouveau matin . Les rayons timides du soleil passent à travers les persiennes dessinant des zébrures sur les murs et la douce lumière nous pare de tatouages éphémères, pelage animal tacheté couvrant nos 2 enveloppes charnelles , dessinant une toison impalpable sur nos intimités épilées. T’extrayant de l’étreinte de Morphée , une de tes mains se posent négligemment sur moi . Cette caresse furtive au contact si léger, douceur volontaire contrôlée m’effleure comme un pinceau. De cette main experte, tu traces alors sur la toile de ton amante les traits  et l’ébauche d’un nouveau tableau . Tu promènes tes pulpes le long de ma poitrine , y dessines le pourtour de ces 2 globes bombés vers toi, y colores les aréoles d’une touche couleur café. La balade continue, suave main d’un peintre magicien dévoilant sur la toile mes hanches, mes fesses , mes cuisses.

Ta muse, ton modèle se cambre et offre une voie de passage à la brosse qu’est devenue ta main . Tu la fais remonter le long de mes reins, le long des épines dorsale , frôlant l’omoplate . Tu redessines avec application l’arrondi de l’épaule, le creux de mon cou l’accompagnant alors dans un mouvement pointillisme d’esquisses de baisers dans la nuque, sous l’oreille, sur le galbe de mes seins , sur leurs pointes qui se dressent .Petits rubis qui appellent tes lèvres et supplient que tu les gobes, les mâchouilles, les tires et les aspires goulûment . Tandis que tu réponds à cette prière impie, tu poursuis ton œuvre de ton pinceau voyageur. Il descend le long de ses collines , y trace le sillon profond, poursuit vers le nombril et s’égare sur le mont de Venus .

Là tu te décides à le tremper à l’eau de ma conque, de ma chatte réveillée, ronronnante et pressée que tu la couches ainsi sur la toile tendue de mon corps échauffé, alangui . Tu en sens la chaleur animale et l’envie . Tu joues de ce désir que tu fais naître  entre tes doigts, entre tes lèvres, entre ton souffle que tu poses sur moi , sur mes zones réactives. Je te réclame, pantelante, ruisselante. Je suis ton aquarelle et mon corps de papier , mouillé demande des aplats plus vifs. Avec application, ton pinceau humidifié par la cyprine récoltée dans mon godet, tu le balades sur mon clito, de bas en haut, de haut en bas , le badigeonnant avec délice et le faisant rougir de plaisir. Sous tes caresses, je me contorsionne et avant qu’un premier spasme ne vienne , je me dégage un peu , change de position pour quitter ta seule  emprise et te peindre à mon tour.  L’envie me tenaille le bas ventre  de sentir que ta queue palpite, voir les premiers signes de ton érection. Je la prends avec délicatesse dans la paume de ma main et commence à la branler . Je la secoue un peu comme un tube de peinture que je voudrai rendre plus homogène , plus liquide, moins visqueuse. Je l’emprisonne , couvre toute sa longueur en écartant mes doigts et commence à la frotter de bas en haut, de bas en haut encore. Faire remonter la peau, faire monter la chaleur . Je l’enserre de la bague entre pouce , index et majeur et la presse, serrant plus fort tout en remontant juste sous ton gland . Ah ton gland , ce chapeau merveilleux qui me fascine quand il se découvre enfin , ce bourrelet rose ourlé avec précision d’orfèvre. J’aime alors faire glisser la peau de ton prépuce et admirer ton bijou, ton joyau si lisse et si brillant quand je le polis, le frotte, l’astique et qu’il rutile , flamboyant. Pendant que tu continues à tracer, dessiner, colorer mon sexe ouvert, presque béant et à y déclencher des vibrations sonores, aqueuses , des clapotis, ta queue commence à se raidir, à changer de forme . Cette ogive oblongue m’excite et je ne peux résister d’y poser mes lèvres et de les frotter légèrement entrouvertes pour qu’elles y ajoute une couche de vernis et la fasse étinceler alors. Elle est si douce. Comment ne pas la prendre en bouche pour s’en délecter.

Lentement , à petits coups de langue la lécher, la recouvrir de salive, la laper, la préparer pour qu’elle glisse, pour la guider , pour l’avaler et la repousser . Faire durer, continuer encore et encore à ce que tu la sentes durcir et quémander, plaisir de la lenteur qui enflamme les sens jusqu’à réclamer la touche finale, le feu d’artifice, le bouquet. Je ne me lasse pas de te sentir coulisser entre mes lèvres serrées , buter contre mes joues ou mon palais . J’en suis gourmande et j’aime la déguster et te sentir te tendre ou te mettre en apnée , maîtriser les accélérations de ton souffle , te voir tétanisé . De mes mains, de ma bouche je te fais reluire, goûte tes fluides intimes qui s’échappent, fines gouttelettes . J’introduis ma langue dans le méat pour me désaltérer de cette fine rosée  et le gout de ton sperme que je connais tant, de ses saveurs particulières j’en veux là, maintenant . Je presse le mouvement , t’imposant mon rythme , te sors de ma bouche , enserrant plus fort mes doigts bracelet, je secoue ton vis avec vigueur, le cogne contre ma joue et la réintroduis sans ménagement tout au fond de ma gorge pour me rassasier quand tu te contractes , que tu sens monter la sève, le nectar et me murmures « je vais venir, je vais jouir… ». Petits spasmes et tu lâches enfin ces jets si attendus comme la signature apposée sur la toile  de notre chef d’œuvre matinal. Nous nous affaissons sur ce lit défait, nous laissant embarqués dans la douce torpeur . Et l’envie se réveille de nouveau , il nous faut un café avant d’y remettre une couche  ou d’exposer cette toile . Nous sommes comme ça les artistes.

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