Etreinte nocturne

Etreinte – Ergon Schiele

Te couvrir de baisers en draps de nuit, te caresser de mes lèvres et dévorer goulûment les papillons de ton ventre alors que tu t’endors, peau à peau contre moi. 

Que Morphée nous guide vers les recoins oniriques de nos sensuelles , insensées , indécentes voluptés. Et sous les paupières closes , les images s’agitent, se frôlent et s’enlacent. Inextricable lien, fil d’ Ariane déroulé jusqu’au bout de la nuit rompant les chaines des conventions, des préjugés. Au creux du rêve , tu m’apparais et je vois poindre ta virilité.

Ton souffle me caresse dans le creux de mon cou . Tu déclenches ainsi une vague de frissons . Ma main, d’un toucher délicat, se pose sur ton torse . J’y sens ton cœur qui bat et marque les secondes comme le fait la pendule. Ce tic-tac lancinant fait vaciller ma main .La voilà qui descend en suivant lentement la ligne blanche . Contournant le nombril , elle se fait plus pressante , suit la crête de ta hanche et s’aventure le long du pubis . Comme arrivée en territoire connu , elle se pose en bracelet autour de ta verge .Profitant de ton érection matinale, dans ton demi-sommeil,  la voilà qui commence avec application à te branler .Oh lentement et sans trop de pression , surtout ne pas  déjà te réveiller . Elle s’amuse et te cajole, elle tripote, elle pianote. Elle grattouille et décalotte ton gland  encore tout ensommeillé et étonné de prendre l’air . Tu te trémousses alors sous l’emprise des caresses qui se font plus hardies, plus précises, plus insistantes . De ton subconscient  quel visage t’apparaît ? Qui est cette amante échauffant tes sens tandis que Morphée cherche à te garder prisonnier ?

 Mes lèvres se couvrent de fourmillements . Elles appellent, elles réclament. Elles ont faim d’embrasser, de baiser ta peau  douce et particulièrement là où elle est si fine, si sensible , si tentante, si provocante, si indécente . N’y tenant plus d’envie, je glisse mon corps de liane le long de ton flanc et me retourne offrant à ton premier regard si je t’éveille ma croupe  tendue vers toi , ces fesses qui n’espèrent que tes caresses , tes coups de langue avide, tes doigts agiles et ta main ferme prompte à claquer, lisser, chauffer, calmer le feu des rougeurs que tu y peins. Et cette image qui imprègne mes rétines , quand de ton sexe tu en fais un pinceau , humide de cyprine , tu les caresses , les décores à ta guise , glissant très lentement de la raie à la fente divine , me laissant pantelante d’attendre .Attirée comme un abeille vers le pistil d’une fleur, ma bouche carnivore trouve ce totem animal qu’elle veut honorer. Elle te gobe jusqu’aux couilles, enserre délicatement la base de ta verge et tandis que de petits coups de langue en humidifie toute la longueur , je me redresse  jusqu’à n’avoir que ton gland en bouche .Là jouer avec, l’aspirer et le repousser et le reprendre .Ma langue , en corolle, en suce le pourtour, insistant sur le frein , reprenant tout ce chapeau de chair si douce à pleine bouche tandis que de la pointe , la langue suit le méat et s’y engouffre . Te pénétrer ainsi , te prendre et te baiser . Délicieuse luxure , te sentir palpiter sans que ta pleine conscience y soit me fait déjà jouir et presque défaillir. Secouée de petits spasmes , troublée dans son sommeil , celle qui est moi continue son onirique voyage charnel .

Lucien clergue

Elle caressait le rêve du bord de son pétale et, dans ce grand lit désert ,ouvrait les voies vers l’oasis offert à l’assoiffé…. Et sous le soleil de plomb , le désert prend corps . Les dunes sont mes fesses , mes seins , mon mont de Venus où s’ouvre la palmeraie  et l’oasis de désir. Angulaire et fier, ton sexe se dresse alors et brûle  de s’introduire, de glisser , de frotter, de froisser les tissus  doux et moites , d’envahir le couloir étroit , de le dilater et le faire se gorger de nectar et de miel.  Visiter et fouiller les moindres replis, trouver la source et boire à la fontaine , ta bouche avide n’est pas en reste . Ta langue se réveille . Elle veut s’immiscer, laper, lécher suçoter et de joindre tes lèvres pour mieux happer le bouton qui s’offre dans son écrin, le joyau de plaisir dans ce fruit qui amène  à toutes tes gourmandises . Tu dégages méthodiquement le petit capuchon comme tu le ferais de celui d’un petit chaperon rouge égaré dans une sombre foret . Tu l’invites à se dévoiler au milieu de la clairière , écartant avec douceur les grandes et petites lèvres écarlates comme la corolle d’une fleur sauvage. Tu aspires, tu mordilles , tu pinces  et tires  ce petit rebelle qui ose te narguer en pointant lui aussi comme un petit phallus qui se dresse et supplie .

Je me retourne dans ce sommeil peuplé d’images enivrantes, jambes écartelées , sexe ruisselant et une main poisseuse  . Morphée , cette nuit a su me posséder en emportant mon âme au pays des érotiques passions. Il t’a donné ce charme magique de m’y retrouver et de fêter nos retrouvailles sur une même vibration. Désaltéré, le passeur de rêve abandonne ce grand lit vide laissant les rayons du soleil passant entre les persiennes lécher la peau de la belle endormie cherchant à tâtons celui qui dans ce songe , du peau à peau la couvrait comme ses draps de nuit.  Le réveil sonne ; elle s’étire comme une chatte , féline , elle sourit à cette nouvelle journée . Allez vite un café et lui téléphoner!

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